Chiffres clés

La pratique du recours à l’externalisation de leurs archives par les entreprises a commencé lentement dans les années 1960, pour se développer rapidement à partir des années 1980, s’étendant aussi progressivement aux archives du secteur public.
Aujourd’hui, le marché en France est estimé à environ 180 millions€, avec un taux de croissance très stable supérieur à 10% par an. Par comparaison, le marché américain, beaucoup plus mature, en raison de sa plus grande ancienneté (apparu dès les années 1940), a une croissance légèrement inférieure. Le marché mondial quant à lui serait estimé à15 milliards€.
En France, plus d’une trentaine d’acteurs se partagent le marché. Les adhérents de PAGE réalisent un chiffre d’affaires d’environ 120 millions€, soit environ 70% du marché global.

Cette croissance devrait se maintenir à moyen terme, si l’on considère qu’en France seuls un peu plus de 25% des volumes d’archives des entreprises sont externalisés( ce taux est même très inférieur pour les administrations et la santé), contre plus de 60% aux Etats-Unis, où les « Records and Information Management Services ( RIMS) » sont apparus avec une vingtaine d’années d’avance par rapport à l’Europe.
On estime qu’en France, seules une trentaine de milliers d’entreprises (tous secteurs confondus), ont recours à un prestataire d’archivage, ce qui est un chiffre peu élevé.

Quatre phénomènes expliquent la croissance du marché de l'archivage

  1. une croissance structurelle des volumes d'archives des entreprises et administrations liée à la fois à l'expansion de l'économie et à l'aversion au risque concernant la destruction d'archives anciennes,
  2. une tendance structurelle au recours à l'externalisation du traitement et de la conservation d'archives, activités exercées par des professionnels mettant en oeuvre leurs compétences dans les domaines de l'archivistique et de la logistique, qui ne font pas partie du coeur de compétence des entreprises,
  3. un besoin qui concerne tous les secteurs économiques, toutes les tailles d'entreprises, publiques ou privées mais aussi les professions libérales et, pourquoi pas, les particuliers,
  4. un développement diversifié de l’offre des prestations fournies.

De ce fait, la croissance du marché apparaît comme peu sensible aux cycles économiques généraux. De façon assez paradoxale, l'essor de l'informatique et des réseaux n'a pas diminué la croissance des volumes d'archives physiques à conserver : on utilise toujours autant de papier ! Les entreprises faisant appel à un prestataire en archivage ont des attentes précises. Au delà de la maîtrise des coûts, le prestataire doit être en mesure de proposer :

  • l'expertise archivistique : conseil en organisation de l'archivage, indexation, inventaire...
  • la rapidité de mise à disposition des archives pour consultation,
  • la confidentialité/sécurité des archives,
  • la mise à disposition d'un système d'information souple et performant,
  • le respect de normes de qualité, d'organisation, de conservation,
  • la couverture géographique.
  • l'adaptabilité aux besoins du client.

Jusqu’à aujourd’hui, la prise en charge d’archives émanant du secteur public est encadrée par les dispositions de la circulaire du 16 janvier 1997 de la Direction des Archives de France, traitant des relations des administrations et des organismes publics avec les sociétés privées d’archivage.
Cette situation va profondément être modifiée par le projet de loi sur les archives, actuellement en discussion au Parlement, qui reconnaît officiellement le rôle de la profession.
Ce projet de loi vise à permettre, en l’encadrant strictement, la conservation d’archives publiques (au sens large, y compris les archives hospitalières et des collectivités territoriales), par des sociétés de droit privé pendant la durée d’utilisation administrative de ces documents, avant le versement des archives définitives dans les services publics d’archives.
Il est prévu qu’une procédure d’agrément des sociétés d’archivage sera créée par l’administration des archives.
A ce titre, l’Association PAGE a joué pleinement son rôle de représentant de la profession dans la consultation qui a été faite par le rapporteur du projet de loi au Sénat, et suivra avec attention la mise en place du futur agrément.